RIVAGES d'ici et d'ailleurs

RIVAGES d'ici et d'ailleurs

LES POISSONS

Mise à part la famille des blennies, qui a quatre représentants dans la liste présentée ci-dessous, les principaux poissons qui fréquentent nos estrans rocheux sont suffisamment typés pour qu’on puisse les reconnaître relativement facilement. La plupart de ces poissons ont évolué et/ou développé des adaptations pour vivre dans les cuvettes à marée basse. Voici un petit florilège des spécificités qui peuvent les caractériser : un corps et/ou des nageoires pelviennes transformées pour vivre sur le fond, des couleurs changeantes ou mimétiques, et une capacité à utiliser un système respiratoire annexe à celui des branchies. Pour cette raison, il n’est pas rare de découvrir sous une roche plusieurs de ces poissons dans très peu d’eau et parfois même sans une goutte du tout. La nouvelle classification désigne désormais ces poissons comme verbrébrés ostéichtyens ( c'est à dire des "poissons osseux" en les différenciant des "poissons cartilagineux") 

 



Le crénilabre melops
Le crénilabre melops :

Le petit cousin de la Vieille a devant sa nageoire caudale, une tâche ronde et sombre plus ou moins visible. Sa morphologie ne lui permet pas de se positionner au fond des flaques. Pour cette raison, il restera toujours caché parmi les algues dans une cuvette suffisamment profonde.


Le crénilabre melops échoué sur des rochers
Le crénilabre melops échoué sur des rochers :

On observe ici, sur ce jeune individu, plus nettement la tache noire devant la queue. Rassurez vous, il a retrouvé son élément.


Le gobie paganel
Le gobie paganel :

L'un des poissons les plus courants sous les roches à marée basse. Les gobies ont deux nageoires dorsales tandis que les blennies n'en ont qu'une. L'individu sur la photo est un mâle, il est reconnaissable à la bande jaune foncée sur le haut de sa première nageoire dorsale. Chez la femelle, celle-ci est plus claire.


Le gobie paganel
Le gobie paganel

Ponte de gobie paganel
Ponte de gobie paganel :

La première fois que j'ai repéré ce type d'œufs en soulevant une pierre dans une flaque, toujours en avril, je cherchais l'auteur parmi les mollusques. Ce n'est que bien plus tard en consultant des articles sur le sujet que j'ai pu relier cette ponte avec notre cher gobie paganel. La femelle dépose plusieurs milliers d'œufs sur le support immergé et c'est le mâle qui serait responsable de leur protection pendant une vingtaine de jours. Sur la photo, vous pouvez observer la forme fusiforme des œufs qui mesurent trois millimètres de hauteur environ.


Le gobie tacheté
Le gobie tacheté :

Ce petit gobie n'est pas inféodé à l'estran rocheux mais il fréquente à l'occasion les couloirs de sable entre les rochers. Il devient visible sur le sable à partir du moment où il bouge. Son museau est court et à la base de sa première nageoire dorsale, on peut voir une petite tache bleue.  


La motelle à cinq barbillons
La motelle à cinq barbillons :

Elle a un petit air de poisson-chat croisé avec une anguille. EIle fait pourtant partie d'une autre famille bien connue, celle des morues, comme l'indique la présence de ses barbillons. La première nageoire dorsale est limitée à un grand rayon suivi de cils vibratoires: Cette zone sensible où circule l'eau et sans doute importante pour que le poisson puisse analyser son environnement. Attention, ce poisson est fragile: il n'apprécie guère la vie en captivité trop longtemps.


La motelle à trois barbillons
La motelle à trois barbillons :

Bien plus rare sur l'estran que l'espèce précédente, la motelle à trois barbillons a le corps un peu moins fusiforme. En regardant attentivement la tête de l’animal, on distingue bien les trois barbillons : un sur le menton et deux sous les narines. Les motelles ont des dents bien développées et se nourrissent essentiellement de petits crustacés.


Le chabot buffle
Le chabot buffle :

Ce joli petit monstre est très proche de la rascasse. Il est reconnaissable aux barbillons blancs visibles à la commissure des lèvres. Il se cache la plupart du temps au milieu des algues dans les cuvettes.


Le mordocet ou blennie commune
Le mordocet ou blennie commune :

Cette blennie est l'un des poissons les plus communs sur l'estran. Ses grosses lèvres charnues et une tache sombre derrière l'oeil sont le meilleur moyen de la reconnaître. En fonction des individus, la livrée peut être foncée ou claire. Il n'est pas rare de rencontrer un mordocet échoué sans eau sous une pierre attendant patiemment la remontée des eaux. Pour voir des vidéos sur la famille allez voir ici : rivages.blog4ever.com/blog/lire-article-549375-9704687-blennies__les_crapauds_de_mer.html                                              


Le mordocet en gros plan
Le mordocet en gros plan :

 On observant ce Mordocet de près on comprend mieux l'origine du nom breton "MORDOUSEG": crapaud de mer.


La blennie coiffée
La blennie coiffée :

Plus rare que le mordocet, la petite blennie coiffée est sombre ou claire comme la plupart des blennies. Son signe distinctif réside dans cette crête unique située sur sa tête entre les yeux. 


La blennie palmicorne
La blennie palmicorne :

Cette blennie est peu fréquente sur nos estrans. Elle n'est observable qu'au sud de la Loire apparemment. Les deux crêtes en forme de main présentes sur le dessus de sa tête évitent toute confusion avec d'autres espèces de la famille. 


Cabot ou blennie gattorugine
Cabot ou blennie gattorugine :

 

C'est une espèce de blennie rare à observer sur les estrans au sud de la Loire. Elle a été péchée à la faveur d’une marée d’un coefficient de plus de 100. L’espèce vit apparemment essentiellement aux étages infra et plutôt circalittoral, ce qui ne facilite pas la rencontre avec l’arpenteur d’estran que je suis. Ce spécimen est sans doute encore immature (12 cm environ), l’adulte mesure entre 20 et jusqu’à 30 cm selon la littérature scientifique. Celle-ci nous apprend également que le mâle installe un nid dans une cavité naturelle ou artificielle juste à la taille de son corps dans laquelle la femelle viendra pondre ses œufs. Le mâle protégera ensuite les œufs de sa future progéniture avec acharnement. Ce comportement serait à l'origine du nom vernaculaire Cabot. En vérifiant sur un dictionnaire, il se peut que cela provienne également de chabot qui désigne les poissons à grosse tête comme le chabot-buffle par exemple. On nomme également Parablennius gattorugine, Blennie percepierre.

 


Cabot (blennie gattorugine) détail de la tête
Cabot (blennie gattorugine) détail de la tête :

Les tentacules en forme d'arbuste au-dessus des yeux, d’autres tentacules plus petits au niveau des narines, la tache sombre sur la nageoire dorsale, les bandes verticales foncés le long du corps, ou encore la partie claire sous l'œil rouge permettent l'identification de cette belle espèce de blennie.

 


Le nérophis lombric
Le nérophis lombric :

Ce poisson au corps serpentiforme a un squelette dermique comme son cousin proche, l'hippocampe. Cette particularité physiologique lui donne une rigidité bien perceptible quand on le tient entre les doigts. Ces animaux peu actifs se cachent la plupart du temps sous des pierres ou dans des algues. Aux beaux jours, si vous trouvez un individu portant des oeufs accrochés sous son ventre, c'est un mâle (voir photo suivante) 


Le nérophis lombric mâle en "gestation"
Le nérophis lombric mâle en "gestation" :

Lors de l'accouplement des nérophis, la femelle pond les oeufs puis le mâle les rassemble en les fécondant et les accroche minutieusement sous son ventre. Un mois plus tard, de tous petits nérophis verront le jour.


Le liparis de Montagu
Le liparis de Montagu :

Le liparis de Montagu avait été observé en Manche et sur la façade atlantique jusqu'en Bretagne sud. Il a apparemment franchi la Loire depuis quelques temps. Ce spécimen a en effet été capturé en février 2011à la Pointe Saint Gildas sur la commune de Préfailles. Il a plusieurs caractéristiques remarquables: une faculté à changer de couleurs et des nageoires pelviennes modifiées en ventouse sur la partie ventrale

 


Le congre
Le congre :

En nous promenant sur les rochers, difficile d’imaginer que ces gros poissons se reposent tranquillement dans une crevasse à l’abri de la lumière dans quelques centimètres d’eau. Ces gros carnivores sont pourtant bien là : ils attendent la nuit pour aller se gaver au large de crustacées, poissons et céphalopodes. Cette individu a été prit en photo grâce à un pêcheur à pied qui l'a délogé par le biais d’un grand crochet glissé au fond d’une anfractuosité. L’individu étant trop jeune, il a été épargné par le pêcheur. Imaginez donc la taille moyenne d’un congre avoisine les 2 mètres de longueur et son poids les 40 kg. A sa maturité sexuelle vers 5 ans, ce poisson part vers les profondeurs en atlantique pour se reproduire puis mourir. Les larves pélagiques mettent deux années à revenir vers les côtes et se métamorphosent quand elles mesurent une quinzaine de centimètres. La forme, les mœurs, le cycle biologique de ce poisson évoque bien évidement l’anguille mais le congre à la différence de celle-ci est exclusivement marin.


Le congre gros plan sur la tête
Le congre gros plan sur la tête :

Avant de l’aider à retrouver la crevasse d’où il a été délogé, j’ai pu constater que le congre a une peau visqueuse sans écailles et que les nageoires dorsale, caudale et anale sont réunies de telle sorte qu’elles en forment qu’une seule. Attention, le congre a des dents. Des plongeurs ont apparemment déjà fait la douloureuse expérience.