RIVAGES d'ici et d'ailleurs

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LES ÉCHINODERMES

Exclusivement marins, les échinodermes possèdent un squelette interne à croissance continue, formé de plaques calcaires poreuses qui sont jointes pour les oursins, disjointes pour les étoiles et les ophiures et dispersés dans le corps pour les holothuries (concombres de mer). La symétrie radiale d'ordre cinq, évidente chez les étoiles et les ophiures, est observable également sur le test calcaire des oursins ou la bouche des holothuries. Le terme échinodermes est dérivé du grec echinos : hérisson, épine, et derma : peau. En fonction des espèces le mode de nutrition peut être très varié: brouteur, carnivore, nécrophage, détritivore ou suspensivore (captage des éléments nutritifs en suspension). Chez les échinodermes la reproduction est soit sexuée, par l’intermédiaire d’émission de gamètes mâles et femelles dans l’eau, soit asexuée par scission du corps. Ces animaux sont connus pour leurs capacités exceptionnelles de régénération. Cela peut intervenir après l’attaque d’un prédateur ou lors d’une mutilation reflexe d’une partie du corps : Une étoile de mer avec un, deux, trois ou même quatre bras en moins peut encore vivre et espérer même récupérer sa forme originelle. De nombreux scientifiques s'attardent d'ailleurs sur ces facultés hors du commun pour comprendre les différents processus impliqués dans ce phénomène. Dans la zone de balancement des marées,  il est relativement aisé de trouver l’étoile de mer commune, l’oursin vert, et dans une moindre proportion l’ophiure écailleuse et l’ophiure fragile. De façon encore moins fréquente, au niveau des laminaires, nous allons pouvoir débusquer au creux d’une fissure, la grande étoile de mer glacière et les concombres de mer.


L'étoile de mer commune
L'étoile de mer commune :

Comme son nom l'indique, cette étoile de mer est la plus commune. Elle vit  la plupart du temps à proximité de sa nourriture principale, les moules. Sur la peau aux épines émousées, on peut voir à la loupe des organes respiratoires minuscules en forme de doigt, les papules; ainsi qu'une petite plaque calcaire perforée de couleur claire (situé en bas de la partie centrale de l'étoile sur la photo) qui alimente en eau un système hydraulique interne. Celui-ci est relié à une multitude de pieds ambulacraires, ou podia, bien visibles le long des bras sur la partie ventrale de l'animal. Ces petits pieds ventousés et préhensiles particpent au déplacement et à la fixation sur le substrat. Des podia, non ventousés, à l'extrémité de chaque bras auraient comme fonction de capter la lumière.


L'étoile de mer commune sur une moulière
L'étoile de mer commune sur une moulière

L'étoile de mer commune forme "comète"
L'étoile de mer commune forme "comète"

L'astérie bossue
L'astérie bossue :

C'est l'une des étoiles les plus attachantes de l'estran en raison de sa forme et de sa relative petitesse (environ 7 cm de diamètre adulte). Parce qu'elle n'apprécie guère la lumière, l'astérie bossue restera toujours cachée sous une pierre. C'est une espèce principalement nocturne et omnivore: elle dévagine son estomac comme toutes les étoiles de mer pour manger des bivalves, des ophiures, des ascidies et des microalgues. Sachez que cette espèce est mâle la première partie de sa vie puis femelle en toute fin.

 


L'étoile de mer glaciaire
L'étoile de mer glaciaire :

C'est la plus grosse et la plus vorace de nos étoiles de mer. Nous la croisons rarement sur nos estrans rocheux puisqu'elle fréquente de préférence les zones immergées en permanence (étage circalittoral). Mais à la faveur d'un fort coefficient de marée, on peut rencontrer sa grande silhouette épineuse solidement accrochée dans une anfractuosité de la roche. Elle est carnivore et à l'occasion charognard. Au même titre que les autres étoiles, elle s'attaque aux bivalves en introduisant son estomac entre les deux coquilles entrouvertes du mollusque. L'échinoderme va dévaginer celui-ci par la bouche tout en libérant des sucs gastriques pour prédigérer la chair de sa proie avant de l'avaler.  


L'ophiure écailleuse
L'ophiure écailleuse :

Vous ne pouvez pas la confondre car c'est la plus petite des ophiures (un bras mesure environ 2 cm). En regardant sous une pierre, il faut être attentif pour repérer ces ophiures qui se meuvent en serpentant doucement avec leurs bras souples. Elles sont souvent visibles face ventrale. Je suppose que cela leur permet de capter plus facilement des micro-organismes dans l'eau. Sur cette espèce, j'ai pu voir un reportage très intéressant sur une particularité remarquable qu'un chercheur étudiait en laboratoire, sa bioluminescence (En micro chirurgie celle-ci permettrai une meilleure traçabilité des cellules dans le corps humain). Les bras de cette ophiure deviennent donc lumineux dans certaines circonstances. Quand elle rentre en contact avec un crustacé par exemple. Elle peut même perdre volontairement l'un de ces bras "lumineux" pour perturber le prédateur et s'échapper. Et regardant de près la photographie qui illustre cette description, on aperçoit nettement les petites écailles, qui sont à l'origine du nom de cette ophiure.


L'ophiure fragile face dorsale
L'ophiure fragile face dorsale :

Cette grande ophiure fuit la lumière en se réfugiant sous les pierres ou dans les anfractuosités. Elle a des bras épais et épineux qu’elle peut dresser à la verticale pour capter des microparticules nutritives. L’adjectif de fragile n’est pas usurpé pour cette ophiure car les extrémités de ces bras se détachent rapidement quand on la manipule. Quand elle est immergée, la structure épineuse de ces bras très visible est un critère certain d'identification.


L'ophiure fragile face ventrale
L'ophiure fragile face ventrale :

La fragilité de cette ophiure est bien réelle. C'est sans doute un comportement vis à vis des prédateurs. En effet, quand elle perd une partie de ces bras le prédateur peut s'en trouvé décontenancer et permettre ainsi à l'ophiure de fuir. Chaque bras peut mesurer jusqu'à 7 cm et repousser après mutilation.  


L'oursin vert
L'oursin vert :

C'est toujours un beau spectacle de découvrir sous une pierre, un oursin vert. Bien des fois, ses piquants se retrouvent recouverts par des matériaux divers (débris de coquillages et algues) lui offrant ainsi un excellent camouflage, sans qu'on sache vraiment si celui-ci est vraiment recherché. Sa petite bouche est munie de cinq dents bien visibles qui lui permettent de consommer des algues, des petits animaux fixés et même des détritus. La parenté avec les étoiles de mer, qui n'est pas évidente à première vue, est pourtant confirmée en repérant les nombreux pieds ambulacraires ventousés entre les piquants ou la symétrie radiale en cinq parties sur son squelette calcaire.


L'oursin vert détail de la bouche
L'oursin vert détail de la bouche :

Par la bouche ventrale, cinq petites dents sont observables. Elles sont fixées à un appareil buccal complexe qu'on nomme la lanterne d'Aristote. Vous pouvez cliquer sur le lien pour voir un montage concernant la structure de  cette lanterne d'Aristote chez les oursins réguliers.